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La guerre des Bourses aux minéraux

 J’ai eu l’occasion de débattre du sujet dans un article du 24 novembre dernier : « Bourses aux minéraux : Sainte-Marie ou Colmar ? ». Et la confusion est totale, dans l’esprit des exposants, comme dans celui du public, soigneusement orchestrée et entretenue par les responsables de la bourse de Ste-Marie et les élus locaux qui revendiquent la paternité et la propriété de l’événement. Alors, pour bien comprendre ce qui se passe, j’ai fait ma petite enquête. Une brève historique s’impose. Cette bourse a été créée en 1962 par François Lehmann. C’est une des plus anciennes de France, sinon la plus ancienne. Quand j’y suis venu pour la première fois en 1969, il n’y avait dans le théâtre que quelques passionnés d’associations minéralogiques locales qui s’échangeaient des minéraux. En 1981, Alexis Lehmann propose à Michel Schwab, qui participait bénévolement à l’organisation de la bourse depuis plusieurs années, de prendre la direction de l’événement dans le cadre associatif et d’en gérer intégralement l’organisation. Michel Schwab, aidé par quelques bénévoles passionnés, développe progressivement la bourse aux minéraux, la faisant passer d’une centaine d’exposants à près de mille l’an dernier. Le public, lui, est passé d’environs 3000 visiteurs à plus de 34 000 en 2011. Bien entendu, cela ne va pas sans poser de nombreux problèmes, sur les plans de la gestion financière, administrative et technique. C’est pourquoi Michel Schwab décide de monter une société privée : Minéral Concept. Une poignée de salariés peut alors se consacrer à plein temps à l’organisation de la bourse. Ils sont aidés pendant l’événement par plus de 50 salariés et une armée de bénévoles issus des associations et entités locales que Minéral Concept soutien afin qu’elles profitent des retombées de l’événement. Tout cela fonctionne bien mais, malgré une aide suivie de la municipalité et des instances régionales, les problèmes administratifs et techniques empirent au fur et à mesure de l’évolution des règlementations qui encadrent l’organisation des manifestations publiques. La bourse aux minéraux ne pouvait plus être maintenue à Ste-Marie qu’à grands coups de dérogations et de passe-droits pas toujours conformes aux réglementations en vigueur. Les responsables de la bourse se rendaient bien compte que cela ne pouvait pas durer et qu’au moindre incident grave dans le site, l’administration, le public, les responsables politiques et les assurances allaient leur tomber dessus en se dégageant de toutes les responsabilités. Risquant des condamnations civiles et pénales, les responsables de la bourse se sont mis en quête, il y a quelques années, d’un site conforme à la réglementation en vigueur. Lors de la bourse de 2011, et après avoir fait réaliser un audit, les responsables de la bourse prirent la décision de transférer en 2014 l’événement à Colmar dont le Parc des Exposition a été conçu spécifiquement pour accueillir des manifestations publiques en conformité avec les règlements administratifs. Ils avisèrent alors la municipalité de Ste-Marie plus de deux ans à l’avance afin qu’ils mettent en place ensemble une cellule de réflexion qui devrait travailler au transfert de la manifestation dans de bonnes conditions, en veillant à ce qu’aucune des deux parties ne soient lésée et que la fragilité économique du Val d’Argent ne soit pas plus altérée par le départ de la bourse aux minéraux. Minéral Concept aurait même proposé à la municipalité de collaborer à la création d’une nouvelle bourse aux minéraux à Ste-Marie, avec des dimensions plus modestes pour ne pas retomber dans les divers problèmes que pose le gigantisme. Le point de rupture La réaction des élus locaux a été immédiate et particulièrement violente. Ils posèrent des conditions irrecevables parce qu’impossible à mettre en œuvre pour l’organisation de la bourse 2012. C’est pourquoi, après des tractions infructueuses, la décision de quitter Ste-Marie pour installer la bourse à Colmar en 2012 a été prise le 25 octobre. Les élus locaux accusent les rats (Minéral Concept) de quitter le navire alors qu’ils ont purement et simplement mis en place une tentative de rapt sur la poule aux œufs d’or (la bourse de Ste-Marie). A mon humble avis, c’est une attitude totalement irresponsable car, en agissant ainsi, ils prennent le risque inouï de précipiter Ste-Marie et le Val d’Argent dans une situation économique encore plus préoccupante qu’elle ne l’est actuellement. Mais l’entreprise de désinformation va bon train et il est facile, à grand coup de déclarations démagogiques, de mettre la population locale de son côté malgré les erreurs politiques et économiques des élus locaux. Minéral Concept et Michel Schwab deviennent la bête à abattre. On les charge de tous les maux, de toutes les malveillances, on les accuse de vouloir ruiner Ste-Marie et la vallée, et on assure que la bourse aux minéraux restera coûte que coûte à Ste-Marie. La population du coin applaudit en se laissant rouler dans la farine ! On nomme à la tête du projet une personne que j’apprécie beaucoup pour son intelligence et ses qualités. Elle avait lancé la partie Eurogem de la bourse il y a six ans mais avait démissionné dans la foulée pour des raisons qui lui appartiennent. Elle en garde donc une certaine rancœur et trouve, dans le cadre de cette nomination, les moyens de prendre une revanche. Je me garderai bien de juger du bien fondé de la démarche. Ce n’est pas elle qui est en cause : elle a été opportunément instrumentalisée par la municipalité. On essaie dans l’urgence de récupérer les exposants de l’année précédente, en leur promettant monts et merveilles alors que rien, ou pas grand’chose, n’est déjà fonctionnel, ni sur le plan administratif, ni sur le plan technique. On a réussi à récupérer des subventions du Conseil Général du Haut-Rhin. On a bricolé à la hâte des affiches et des flyers qui sont des copies presque conformes des documentations réalisées par Minéral Concept par le passé, on a mis en ligne un site internet qui était encore désespérément vide il y a quelques jours, et le tout à l’avenant. Alors, que va-t-il se passer ? D’abord une monstrueuse confusion dans l’esprit du public et des exposants, confusion largement entretenue par les insinuations douteuses et les calomnies de la municipalité et des organisateurs contre Minéral Concept. Et puis un éclatement de la bourse, certains exposants choisissant Ste-Marie pour le charme romantique du lieu, d’autres Colmar pour une organisation plus rigoureuse et plus pratique. Cela débouchera sans aucun doute à un affaiblissement de l’impact de l’événement au niveau international, quelque soit le vainqueur du bras de fer qu’ils se livrent. Si cela devait perdurer ce serait la disparition d’un grand événement international au profit d’une petite bourse locale à Ste-Marie comme ce fut le cas jusqu’en 1981 et il en existe déjà des centaines en Europe. Mais si Ste-Marie sortait vainqueur de ce duel, avec un impact international, que se passerait-il ? Et bien on retomberait dans les mêmes travers que lors de années précédentes. Il faudrait alors renouer avec la vieille tradition des passe-droits administratifs Car la réalité, c’est ça : Le site de Ste-Marie ne répond à aucun des critères réglementaires obligatoires pour l’organisation d’une manifestation publique d’une telle ampleur.

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• La bourse est assimilée à un vide-grenier couvert par la loi Dutreil qui réglemente les ventes au déballage. En conséquence, aucun exposant étranger ne devrait avoir accès à la bourse alors qu’ils représentent 80% des exposants.

• L’accessibilité des personnes à mobilité réduite n’est pas assurée.

• Les conditions sanitaires et d’hygiène ne sont pas respectées.

• La sécurité (pompiers, police, etc.) est plus que limite, notamment en ce qui concerne l’accessibilité aux sites en cas d’incendie.

• Les chantiers de montage et démontage ne sont pas conformes au Code du Travail.

• L’ancrage des tentes d’exposition n’est pas conforme à la réglementation.

• La puissance électrique disponible est insuffisante.

• Les parkings sont difficilement accessibles pour le public comme pour les exposants (+ de 40 minutes de délai d’accès). Ils sont en nombre insuffisant.

• Malgré la vigilance d’un important gardiennage, les sites restent vulnérables au vol et au vandalisme.

• Des problèmes de circulation des véhicules pour la traversée de la ville par les automobiles et les poids-lourds sont quasiment insolubles pendant la bourse et font courir des risques aux populations locales.

• La participation des associations locales se fait à la limite de la légalité (code du travail, fiscalité, licences provisoires de vente de boissons et d’alcool, etc…).

• L’hygiène alimentaire n’est ni garantie, ni contrôlée, dans les espaces de restauration.

• L’extension du site n’est pas possible au cas où la manifestation serait appelée à se développer. Le site du Parc des Expositions de Colmar, lui, répond positivement à l’ensemble de ces critères.

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